BEL ANNIVERSAIRE !
Publié le 16 Décembre 2014
Kilimandjaro 5895m juin 2014
Le conférencier du jour est notre Président Dominique LIA :
Pour ses 60 ans, ses enfants lui ont offert un cadeau bien original : l’ascension du Kilimandjaro. Son exposé nous transporte sur cette montagne hostile où Dominique a dû surmonter bien des épreuves et des doutes.
Kilimandjaro, le mot en lui-même évoque quelque chose de magique.
Comment pourrait-il en être autrement de ce somptueux volcan situé sous l’équateur au nord de la Tanzanie ? Il est composé de 3 volcans éteints :
Le Shira à l’ouest culminant à 3962m d’altitude.
Le Mawensi à l’est qui s’élève à 5149m.
Le Kibo le plus récent situé entre les deux autres et dont le pic UHURU à 5895m d’altitude constitue le point culminant de l’Afrique dont le sommet est recouvert de neige et de glaciers.
Le Kilimandjaro ne fait pas parti d’une chaine de montagnes .Il se dresse en solitaire au milieu de la steppe Africaine.
Les études montrent que les glaciers du sommet ont perdu 80% de leur masse depuis le début du XXème siècle et qu’ils pourraient disparaître à l’horizon 2030 ou 2040.
Sur le Kilimandjaro, les contrastes sont saisissants, du fait des écarts d’altitude et de température entre la base, dans la forêt équatoriale et le sommet, qui ressemble à un désert polaire.
Du côté Kényan, sa cime blanche domine des plateaux où les animaux vivent dans un paradis.
Le Kilimandjaro attire aussi parce qu’il offre la possibilité d’atteindre un des plus hauts sommets du globe sans grande difficulté technique, ni d’équipement sophistiqué.
25 000 randonneurs venant du monde entier tentent chaque année l’ascension mais seulement la moitié parvient au sommet.
Une condition physique correcte et une bonne capacité de résistance sont nécessaires pour profiter pleinement des plaisirs de son ascension.
Arrivée en Tanzanie
Nous débarquons du Boeing 767 d’Etiopian Airlines à Kilimandjaro air port en Tanzanie. Le transfert en Jeep se fait vers notre hôtel à Arusha par une jolie route traversant des plantations de caféiers et bananeraies.
Le village se situe à 1550m d’altitude.
Nous arrivons à l’hôtel où le groupe se constitue et nous faisons connaissance.
Avant le départ, le guide Français tient un briefing sur le déroulement de l’ascension.
On l’écoute dans un silence absolu. Il nous livre des explications impressionnantes sur les pièges et les difficultés qui nous attendent.
Le soleil du Kilimandjaro brûle la peau. La température descend à moins 20° au lever du jour sur le sommet.
Le manque de réhydratation peut être fatal.
Le mal des montagnes peut conduire à un oedème cérébral ou pulmonaire.
Chaque année, des randonneurs décèdent sur les pentes du sommet.
Une dernière consigne essentielle se résume aussi en deux mots :
POLE- POLE qui veut dire « DOUCEMENT » en swahili.
Marcher lentement pour s’acclimater progressivement à l’altitude est aussi la clé du succès pour atteindre le sommet du Kili.
ARUSHA MACHAME GATE 1800m
Déjeuner puis consigne pour la préparation des sacs à dos dont le poids est limité à 9 kg par trekkeur.
La plupart des sacs qui pesaient environ 15 kg ont été délesté de leur contenu et laissé à l’hôtel.
Départ en véhicule tout terrain pour Machame Gate (1800m) d’altitude.
L’ascension du Kili se fera par la voie MACHAME. Elle nous fera découvrir des paysages grandioses et des points de vue impressionnants sur les glaciers.
A l’entrée du Kilimandjaro National Park, il y a des trekkeurs de toutes nationalités qui viennent du monde entier.
Nous avons patienté jusqu’à 15 h pour avoir l’autorisation de pénétrer dans le NATIONAL PARC.
Notre groupe comprend 10 personnes, 4 guides, un assistant guide et
34 porteurs Tanzaniens.
Avant le top départ, les porteurs pèsent avec application nos sacs à dos à l’aide d’une vieille balance verticale. Puis ils répartissent les charges dans des sacs de jute qu’ils portent sur la tête (20kg par porteur).
1er jour (lundi) Arusha MACHAME CAMP
6h de marche dénivelé 1500m
Départ du trek pour Machame camp à travers une forêt dense, inextricable de prodocarpus, caoutchoutiers, fougères géantes, bégonias, ficus.
La forêt humide d’altitude laisse ensuite place aux hautes herbes et bruyères arborescentes. Arrivée à 19h, il fait déjà nuit.
Nuit sous tente.
2ème jour (mardi) MACHAME CAMP SHIRA HUT
6h de marche dénivelé 800m
Réveil avec thé bien chaud à 6h du matin et une jolie vue sur LAVA TOWER
Après un copieux petit déjeuner, départ par des chemins escarpés à travers les Bruyères à barbes, de lichen qui nous emmène à la Lande altitude où poussent séneçons, lobélies, immortelles.
J’observe le ballet des porteurs Tanzaniens, lestés de leur chargement sur les épaules ou en équilibre sur leur tête.
Partis après nous, ils nous dépassent avec un sourire ou un hochement de tête en signe d’encouragement.
3ème jour (mercredi) Shira hut Barranco Hut 3950m
6h de marche dénivelé 800m
Il y a déjà 30 à 40% d’oxygène en moins dans l’air. Petit à petit nous arrivons dans le désert alpin.
Nous contournons le glacier qui est juste au-dessus de nos têtes.
Etape impressionnante de beauté. Nous marchons sur les crêtes et plongeons dans les failles.
La végétation passe du désert à l’abondance.
Les séneçons et Lobélies géantes poussent partout.
Montée régulière jusqu’ »au col de LAVA TOWER à 4600M
Cette tour constituée de lave est un point de repère que l’on voit de loin pendant la montée puis durant une bonne partie de la descente vers Barranco.
Elle constitue surtout le point le plus haut de la journée, à plus de 4500M
et sera le début d’un puissant mal de crâne pour certain.
C’est un des effets du mal des montagnes.
Au-delà du côté désagréable, le passage à LAVA TOWER est essentiel pour l’acclimatation du corps à l’altitude, et probablement une des clés du succès de l’ascension du Kilimandjaro.
Le mal des montagnes lié à une montée trop rapide, est le risque principal pendant l’ascension du Kili.
Dans les cas les plus graves, il peut provoquer des oedèmes pulmonaires
ou cérébraux et entrainer la mort en l’absence de mesures appropriées (descente ou oxygène caisson hyperbare).
L’acclimatation et l’hydratation sont les seuls moyens de le prévenir.
Descente vers le site de BARRANCO HUT qui est situé au fond d’une vallée encastrée et son accès est très accidenté.
La fatigue se fait sentir mais le sommet est proche.
C’est la journée d’acclimatation à l’altitude, elle est importante pour la réussite de l’ascension finale.
4ème jour (jeudi) BARRANCO HUT 3950M à BARAFU HUT 4600m
6h de marche dénivelé 700m
Passage au dernier point d’eau car c’est la zone du désert d’altitude.
Nous remplissons les gourdes et nous partons pour la muraille de BARRANCO (surnommée falaise Breakfast) impressionnante mais sans difficulté.
Nous avons de longues traversées et des montées sur les flancs du KILI
puis nous longeons une crête jusqu’à BARAFU.
Arrivés au camp, au-dessus de nous, on aperçoit notre objectif, Le KIBO
Diner et au lit de bonne heure car il faudra se lever tôt.
5ème jour (vend) BARAFU HUT 4600M à UHURU PEAK 5895m
15h de marche dénivelé + 1300m dénivelé – 2800m
C’est l’étape la plus longue. Réveil à 23h Nous buvons un thé bien chaud
Le départ de notre camp est prévu à minuit.
Dernière recommandation du guide pour cette dernière étape.
Chacun se prépare intérieurement dans le silence.
Les regards sont tendus, les yeux sont hagards.
Je coche intérieurement mon check- List personnel.
Notre guide tanzanien nous appelle et donne le top départ sous la consigne si familière : POLE- POLE
A la lueur des lampes frontales, nous partons silencieusement en file indienne livrer le dernier assaut.
Le froid est piquant (moins 15°).
Je marche derrière mon guide Tanzanien Wilson.
On voit le long de la pente les lueurs brillantes des torches de groupes précédents qui avancent très lentement, en donnant l’image de mille pattes phosphorescents.
La pente devient raide « 45 ° » l’ascension se transforme en calvaire.
Mes chaussures s’enfoncent dans un mélange de cendrées volcaniques et de graviers.
Il faut redoubler d’efforts car on recule à chaque pas.
La progression se fait en zig zag dans un abominable couloir rocailleux.
Les tempes bourdonnent, les démarches deviennent chancelantes.
On est à plus de 5000m d’altitude, le rythme devient de plus en plus lent et il est marqué toute les 20 mn par une pause pour reprendre son souffle et s’hydrater.
Stéphane nous fait remarquer que nous venons de dépasser la hauteur du Mont Blanc.
Vers 7h du matin, le soleil apparaît sur l’horizon .Petit à petit, la lueur embrase le ciel. Un nouveau jour se lève sur l’Afrique.
Encore quelques efforts et nous voilà sur le premier sommet du Kilimandjaro STELLA POINT 5739 M
Je suis épuisé et à bout de souffle, je me demande si je pourrai aller plus loin vers le sommet.
J’avance dans un état second, comme grisé par la raréfaction de l’oxygène.
C’est l’ivresse de l’altitude.
C’est grâce à la stimulation de mon guide Wilson et de Stéphane que j’ai pu reprendre POLE- POLE le reste du parcours pour atteindre UHURU Peak 210 m plus haut, point culminant du Kilimandjaro.
C’était 1heure de marche supplémentaire.
Plein d’émotions m’envahissent.
Ce qui compte à ce moment, plus que les facultés physiques, c’est la volonté, la maitrise intérieure, la détermination personnelle.
La pente s’adoucie et j’arrive enfin sur la terrasse du toit de l’Afrique à Uhuru Peak à 5895m.
Dans le groupe, certains pleurent, d’autres rient, Je vis cet instant comme une délivrance et une grande victoire sur moi-même
Mais on ne s’attarde pas à cette altitude critique.
En ce jour de juin, j’ai réussi mon chalenge de conquérir le toit de l’Afrique grâce à mon fils Stéphane qui m’a accompagné et soutenu durant tout ce parcours. Nous avons vécu une très belle expérience entre père et fils.
Arrivée au camp Barafu hut, repos de 3h puis reprise de la descente jusqu’ à Mweka camp dénivelé 2800m où nous avons passé la dernière nuit dans notre tente.
Le lendemain nous avons poursuivis notre descente jusqu’à Mweka- Village.
Remise des diplômes et transfert vers l’aéroport de Kili retour Paris.
Que vous pensiez être capable ou ne pas être capable, dans les deux cas, vous avez raison. (Henri FORD).
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